Ross Lemke

Un texte de Ross Lemke

(crédit photo: La Voix de l’Est)

Chaque chose en son temps.

Sa saison.

Le football n’est pas un exception.

Et nous terminons la 47e des Astérix ce soir.

Si j’ajoute mes 16 ans avec les Géants, mes 3 ans avec les Carabins et mon année avec les Centaures de Grenoble, on pourrait dire que j’ai connu pas mal de fins de saisons…

Chaque «dernière» est spéciale.

Ce soir ne sera pas différente.

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Chaque équipe doit suer la grosse goutte au mois d’août si elle aspire de geler dans les premières neiges de novembre.

La marge d’erreur est mince sinon inexistante.

Il n’y a pas de 3 en 5 ou 4 en 7.

C’est «one shot».

«You lose – you go home !».

J’ai toujours respecté cette finalité  et la déception et le deuil qui s’impose a la fin de chaque saison qui n’est pas couronné par une coupe 

C’est ça le beau risque de notre sport !

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Les Bills de Buffalo ont perdu 4 Super Bowls en ligne !

Imagine le chagrin…

Dans un lettre que j’ai écrit à Marv Levy, j’ai posé le question qui tue:

«Comment tu fais pour passer au travers de l’immensité de ces déceptions ?  C’est comme si tu vivais le mythe de Sisyphe ?»

Comme moi, Marv Levy a fait ses études en histoire et la littérature.

En comprenant mon analogie avec Sisyphe, il a simplement répondu:

«C’est parce que j’aime le voyage autant que la destination».

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Il aimait rouler la pierre tout simplement !

Les vrais coaches partagent la vision que le processus est aussi important que la destination.

Et l’identité d’une équipe réside dans la façon que les coaches définissent le «process».

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Ce soir – la dernière pratique.

Demain – la dernière partie.

Ensuite la neige va couvrir notre terrain.

Et chacun va prendre leurs directions.

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Mais au printemps, la Roche de Sisyphe va réapparaître.

La Roche de football à l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand.

En espérant que nous serons encore ensemble pour la pousser.

Merci pour vos épaules

Coach Ross