« Ce qui m’a toujours stimulé, c’est de développer et de faire grandir l’organisation. Et cette même passion m’anime depuis 30 ans », a révélé fièrement la directrice générale du RSEQ Montérégie, Sylvie Cornellier, lors d’un entretien tenu dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de l’organisme.

Arrivée en poste en 1989, elle est indéniablement à l’origine des succès de l’instance régionale. Sylvie Cornellier laissera sans aucun doute une empreinte indélébile dans le milieu sportif montérégien.

Une suite logique
Fraîchement titulaire d’un baccalauréat en administration des affaires, elle a rejoint les rangs de la Fédération du sport scolaire du Québec en 1981.

Puis, après huit ans à titre de responsable du perfectionnement et des formations, souhaitant relever de nouveaux défis, Mme Cornellier a sauté sur l’occasion de prendre les rênes de l’Association régionale du sport étudiant du Richelieu (ARSER).

« Je venais tout juste d’assister à la fusion des trois fédérations sportives en milieu d’éducation », a précisé Mme Cornellier. Tout porte à croire que ce moment historique du sport étudiant était un présage à une longue et fructueuse carrière.

Des débuts ardus
« J’ai trouvé mes débuts à l’Association difficiles. Passer d’une équipe de travail à un duo, avec une secrétaire à temps partiel, ça n’a pas été évident. Le bureau était situé dans les archives de la commission scolaire Honoré-Mercier (actuellement des Hautes-Rivières). Ce n’était pas palpitant du tout et le mobilier était loin d’être au goût du jour !», a-t-elle fait savoir.

De plus, elle a dû assurer la transition avec son successeur à la Fédération pendant quatre mois, ce qui a ajouté à l’ampleur de la tâche.

Toutefois, la grisaille n’a pas duré. Enthousiaste, Mme Cornellier s’est lancée tête première dans l’aventure.

« La Montérégie était déjà une région super dynamique. L’ambiance était bonne et les intervenants étaient prêts à coopérer. J’avais beaucoup d’idées concernant le développement de l’organisation. Mon objectif était de bonifier l’offre de services et d’aller chercher le plus d’écoles possible. Et j’avais en tête de diriger l’Association comme une PME», a-t-elle souligné.

Elle a pu compter sur l’appui de nombreuses personnes dans l’exercice de ses fonctions. « J’avais de bons piliers sur qui m’appuyer. Je pense, entre autres, à Guy Bergeron, Christian Morin et Jean-Pierre Roy, pour ne nommer que ceux-là. C’était des gens dévoués», s’est-elle rappelée.

Du pain sur la planche
Les dossiers étaient nombreux sur la table de travail de la nouvelle directrice générale. Même au début des années 90, certains sports étaient concentrés dans des secteurs précis du grand territoire de la Montérégie. L’objectif était d’intégrer les écoles participantes dans des sections dites « régionales ».

À titre d’exemple, le badminton était surtout joué à Saint-Jean-sur-Richelieu. Madame Cornellier a relaté les démarches qui ont mené à l’expansion de la discipline. « J’ai contacté Josée Daoust afin de m’aider dans le recrutement d’équipes. Ça commencé tranquillement avec des écoles de la Rive-Sud, puis des clubs du Sud-Ouest ont emboité le pas. »

L’émergence des ligues n’ont toutefois pas été une sinécure. Parfois, l’apprentissage s’est fait à la dure.

« Je me souviens de l’une de mes premières expériences en cheerleading avec la participation de six équipes en 2006. Nous n’avions même pas de tapis. Comme nous ne connaissions pas les traditions du sport où les encouragements sont forts et nombreux, nous avons défoncé le petit système de son de l’école hôte ! Nous avons terminé la compétition presque sans musique ! Pour finir, je me rappelle d’avoir rangé des chaises, toute seule, jusqu’à deux heures du matin, a-t-elle raconté. L’année suivante, nous avons loué tout l’équipement nécessaire. »

Un obstacle majeur
Un des plus grands obstacles à surmonter dans la mise en place de nouvelles disciplines a été le recrutement des officiels.

« Il n’y avait rien en basketball sur la Rive-Sud. J’ai donc trouvé un passionné, en l’occurrence, Rostand Phaneuf, pour m’aider à organiser notre propre cellule d’arbitrage. J’y ai collaboré pendant trois ans, le temps qu’elle devienne automne », a expliqué Mme Cornellier.

La Montérégie, un chef de file
Sous l’égide de Sylvie Cornellier, l’ARSER a été un précurseur en proposant le soccer intérieur, le cheerleading et le flag football.

Les balbutiements du flag football scolaire au Québec ont été initiés par les écoles de la Montérégie en 1993. Les membres souhaitaient avoir un sport extérieur, destiné aux filles.

« Soutenus par Roger Tremblay de l’É.S. Gérard-Filion, nous avons adapté la réglementation du flag football senior pour notre clientèle. En ce qui concerne l’arbitrage, j’ai convaincu un autre passionné pour s’occuper des officiels. Nous avons donc commencé avec une ligue juvénile féminine, composée de quatre équipes en 1993. Depuis ce temps, le flag football n’a cessé de progresser » a candidement indiqué Mme Cornellier.

C’est aussi dans cette période qu’elle a participé à la création de la Commission de flag football du Québec. Le comité avait comme but de coordonner la réglementation sur le plan provincial.

Une tempête, un défi
La tempête du verglas de 1998 a jeté un froid sans précédent sur les activités du RSEQ Montérégie. Les activités ont dû être annulées durant un mois.

« Ça été une période tumultueuse. Pendant deux semaines, nous n’avions pas accès à nos bureaux. Grâce à nos contacts, nous avons pu récupérer notre matériel informatique. De la maison, nous avons donc refait tous les calendriers des ligues. L’objectif était de planifier les parties en fonction des championnats provinciaux. Ma secrétaire et moi travaillions 12 heures par jour. C’est mon pire souvenir, a-t-elle avoué. Ça été un moment intense. Je suis contente du résultat. Nous nous en sommes bien sortis. »

Un tournant
Avec l’essor de l’organisation, la directrice générale a connu une période mouvementée à l’aube des années 2000. Elle a admis avoir vécu des moments de stress important.

«Je travaillais minimalement une cinquantaine d’heures par semaine. Évidemment, j’apportais du travail à la maison. Ça n’avait pas de bon sens. J’ai donc fait un état de la situation auprès des administrateurs avec une liste de priorités et mes conditions. C’est à ce moment que Jean-Simon Allard a été engagé à titre de coordonnateur des activités. Il s’agit d’un moment marquant de l’Association. Cela explique, en partie, l’essor de l’organisation», a relaté Mme Cornellier.

Une ambassadrice occupée
Ayant le souci constant de bien représenter l’instance régionale auprès des autorités scolaires et politiques, Sylvie Cornellier affirme qu’elle a toujours eu à défendre les intérêts de l’organisation, surtout lorsqu’il était question des subventions. L’arrivée d’un nouveau joueur sur l’échiquier du loisir a fait en sorte que ces années de représentations et de revendications ont demandé beaucoup de temps et d’énergie.

«J’étais capable d’en prendre, mais ça n’a pas été évident. Avec ces expériences, j’ai appris beaucoup», a-t-elle poursuivi.

Une motivation sans faille
Selon la dirigeante, côtoyer des personnes passionnées a grandement facilité son travail.

« C’est motivant de travailler avec des collègues qui partagent la même passion. De plus, voir tout le boulot effectué en coulisse et de constater les résultats sur le terrain avec les jeunes est très stimulant, a-t-elle déclaré. Pour moi, il faut que ça bouge, faut que ça avance ! Je suis toujours en train de réfléchir sur ce que je peux faire pour améliorer les choses. C’est dans ma nature ! C’est ce qui me motive à faire parfois 2h30 de route quotidiennement. »

En effet, Mme Cornellier voyage plus de 400 kilomètres par semaine, beau temps, mauvais temps. En 30 ans, cela représente environ 625 000 kilomètres ! C’est près d’un aller-retour sur la lune.

Un sentiment de fierté
«Je suis fière d’avoir bâti, étape par étape, l’Association telle qu’elle est aujourd’hui. Je suis heureuse d’avoir permis la viabilité et la stabilité financière de l’organisation. Le développement du primaire est aussi une grande satisfaction. D’une façon plus particulière, je suis enchantée de vivre, cette année, ce moment privilégié de l’histoire du RSEQ Montérégie» a-t-elle confié.

Un hommage mérité
Dans le cadre des festivités de son 50e anniversaire, le RSEQ Montérégie est fier de rendre hommage à ses bâtisseurs et tient à les remercier de leur contribution exceptionnelle à la mission de l’organisme.

Les éloges reçus, en cette année historique, sont pleinement mérités et témoignent de l’impact qu’elle a eu sur le sport étudiant.

À jamais, le nom de Sylvie Cornellier sera gravé dans l’histoire du RSEQ Montérégie.

À propos du RSEQ Montérégie
Le RSEQ Montérégie (Réseau du sport étudiant du Québec)  est un organisme sans but lucratif qui regroupe l’ensemble des établissements d’enseignement affiliés de la région Montérégie.

Engagée dans la promotion du sport à l’école auprès des 340 écoles primaires et 80 écoles secondaires, notre instance régionale encourage les établissements à mettre en place une offre de services sportifs parmi ses 18 disciplines. Elle coordonne, entre autres, plus de 1300 équipes et 25 championnats pour les 22 000 étudiants-athlètes de notre réseau.

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