Les racines du football en Montérégie

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Dans le cadre du 50e anniversaire du RSEQ Montérégie, nous vous présentons cinq reportages sur les disciplines sportives qui ont marqué l’histoire de l’organisation. Ce mois-ci, nous souhaitons vous faire connaitre l’évolution du football scolaire en Montérégie.

Un reportage de Frédérique Bond & Benoit Lussier

Le sport en milieu étudiant tel que l’on connait a vu le jour à la fin des années 60. À cette époque, les équipes sportives étaient surtout regroupées selon leur proximité géographique. On retrouvait quelques équipes, ici et là, dans certains recoins de la région, notamment, à Saint-Jean-sur-Richelieu et dans le Sud-Ouest.

Rassemblés autour d’une table, dans un café de Saint-Jean-sur-Richelieu, quelques vétérans ont bien voulu nous raconter les débuts du football en Montérégie. Accompagnés par la coordonnatrice du football au RSEQ Montérégie, Frédérique Bond, Messieurs Guy Giroux, Jean-Guy Choinière, Michel Grisé, Jean Grimard et Ross Lemke ont puisé volontiers dans leurs souvenirs.

Messieurs Guy Giroux, Jean-Guy Choinière, Michel Grisé, Jean Grimard et Ross Lemke.

«Le football scolaire a pris ses racines grâce au réseau civil», a lancé le réputé entraineur de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand, Ross Lemke. Déjà en 1967, des équipes participaient à la Metropolitan football ligue. En 1969, une équipe juvénile de Saint-Jean-sur-Richelieu s’est greffée à une ligue intercollégiale, en compagnie de trois institutions de Montréal et d’une équipe de la région du Lac Saint-Louis.

C’est en 1971-1972 que les activités ont pris forme dans l’Association avec une ligue juvénile et une ligue «bantam» composée de quatre équipes dans chacune des catégories.

«L’arrivée des nouvelles écoles secondaires et des polyvalentes a favorisé, sans contredit, le développement du football étudiant», a précisé un des fondateurs de l’Association régionale du sport scolaire du Richelieu (ARSSR), Guy Giroux. En effet, c’est pendant cette période que des subventions ont permis la mise sur pied d’équipes et l’achat de matériel.

Il était fréquent de voir un club senior remettre leurs vieux équipements à des équipes scolaires. Évidemment, il fallait s’y attendre, les uniformes étaient trop grands. «Je me souviens d’un joueur dont le casque tournoyait sur sa tête !», s’est rappelé avec plaisir M. Giroux.

Une première finale d’envergure
Un premier festival de football scolaire – sur invitation –  s’est déroulé à l’automne de 1973, à Trois-Rivières, avec la participation des Obélix de Saint-Jean-sur-Richelieu. Ils se sont inclinés 26 à 13 contre le Séminaire de Trois-Rivières.

Une longue expansion
La ligue de football a pris son envol en 1981 avec la participation de dix équipes en juvénile et six clubs en cadet. Mais l’intégration des équipes du Sud-Ouest dans la catégorie juvénile ne s’est pas faite sans heurts. Les discussions sur une éventuelle fusion des sections Est et Ouest ont débuté lors d’une première rencontre en février 1982. La réunification des forces en présence a eu lieu à la saison 82-83.

Il a fallu attendre jusqu’à l’automne 1995 pour voir une augmentation substantielle de la participation avec 19 équipes, composées de 951 joueurs. C’est toutefois en 2016 que les ligues du RSEQ Montérégie ont connu leur zénith avec un total de 2017 élèves-athlètes, répartis dans 48 formations.

D’une région à une autre
Le regroupement des commissions scolaires a facilité l’accueil de nouvelles équipes dans la région. À Valleyfield, le football scolaire a vu le jour en 1976. Puis, les Vaillants ont intégré la ligue du Richelieu en  1979. Né en 1975, le programme des Polypus de l’école secondaire Fernand-Lefebvre de Sorel-Tracy a pris part à la ligue de la Montérégie en 2004. Quant à eux, les Incroyables de l’école secondaire Joseph-Hermas Leclerc de Granby (1975) ont changé leur allégeance territoriale en 2008. À Saint-Hyacinthe, les Patriotes de l’école secondaire Saint-Joseph ont rejoint la région au début des années 2000.

La Montérégie, pionnière en football
La Montérégie a toujours été au premier plan en matière de football. Voulant standardiser le jeu, un colloque a été organisé en 1984 avec les différents intervenants du milieu.

«On souhaitait que les entraineurs enseignent les mêmes techniques de base pour uniformiser le développement des jeunes», a souligné M. Grimard, l’ex-directeur général de l’ARSSR. C’est aussi à la suite de cette bénéfique rencontre que le football scolaire à quatre essais a vu le jour en Montérégie à la saison 1985. Profitant  de l’occasion, certains règlements ont été modifiés afin de rendre le jeu plus sécuritaire.

C’est également dans la région que le sport s’est démarqué par la durée de ses parties. En Montérégie, une partie est composée de quatre quarts de 15 minutes comparativement à un match de 48 minutes dans les autres ligues.

«Nous avons connu beaucoup de succès avec le jamboree du printemps», a raconté un coordonnateur de ligue encore actif, Jean-Guy Choinière. Un bon nombre d’équipes y participaient, même si c’était sur invitation. C’était une belle journée de football au campus du Fort Saint-Jean», a-t-il poursuivi.

Toujours dans le but de développer la discipline, Michel Grisé a tenté de mettre sur pied une ligue de football à sept joueurs au niveau primaire à Saint-Jean-sur-Richelieu, au début des années 80. «Malheureusement, l’expérience n’a duré qu’une seule saison», a-t-il conclu.

Un changement de philosophie chez les officiels
«Grâce à Antonio Medeiros, l’arbitre en chef, nous avons pu mettre l’accent sur le développement des officiels, en instaurant une nouvelle philosophie. Nous souhaitions que les arbitres soient là pour aider les joueurs et non pas se concentrer uniquement sur les sanctions. C’est aussi à ce moment que nous avions exigé que les officiels se présentent avant chaque partie. Un vent de changement a été insufflé au début des années 70 avec la création d’une association des officiels de football», a relaté M. Grimard.

Du réseau scolaire jusqu’au plus haut sommet !
Selon M. Giroux, la région a longtemps été une pépinière de joueurs par excellence au fil du temps. Plusieurs athlètes du réseau ont connu du succès à des échelons supérieurs.

«Pensons à Denis Montana (Pol. Marcel-Landry, 1988-1989) qui a été un choix de première ronde des Alouettes de Montréal en 1996. C’est un gagnant de deux Coupes Grey !», a indiqué M. Lemke. En effet, M. Montana a remporté son premier championnat en 1997 avec les Argonauts de Toronto et son second avec les Lions de la Colombie-Britannique en 2000. S’il y en a un qui a ouvert les portes des joueurs canadiens à la NFL, c’est bien Denis Montana.

Au palmarès des joueurs étoiles de la région, on retrouve également Michel-Pierre Pontbriand (Coll. Charles-Lemoyne), Tshimanga Biakabutuka (É.S. Jacques-Rousseau), Steven Gusew (Coll. Notre-Dame-de-Lourdes), Gérald Després (É.S. Mgr. Euclide-Théberge) et Francis Bellefroid (É.S. Jean-Jacques-Bertrand).

Le football, un outil vers la réussite scolaire
Le panel espère que le football aide les jeunes dans leur cheminement scolaire. «On veut que le football continue d’être un moyen privilégié pour valoriser et motiver les jeunes. Le sentiment d’appartenance à une école, ça passe, entre autres, par le sport, par le football», a soutenu M. Giroux.

Le RSEQ Montérégie tient à remercier chaleureusement tous les intervenants qui ont contribué au développement du football en Montérégie. Merci pour ces 50 ans de football !

À propos du RSEQ Montérégie
Le RSEQ Montérégie (Réseau du sport étudiant du Québec)  est un organisme sans but lucratif qui regroupe l’ensemble des établissements d’enseignement affiliés de la région Montérégie.

Le RSEQ est un chef de file dans la promotion et le développement du sport et de l’activité physique en milieu étudiant – de l’initiation jusqu’au sport de haut niveau – et favorise ainsi l’éducation, la réussite scolaire et la santé des jeunes en Montérégie.

Engagée dans la promotion du sport à l’école auprès des 340 écoles primaires et 80 écoles secondaires, notre instance régionale encourage les établissements à mettre en place une offre de services sportifs parmi ses 18 disciplines. Elle coordonne, entre autres, plus de 1300 équipes et 25 championnats pour les 22 000 étudiants-athlètes de notre réseau.

 

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Historique
C’est en 1984 que la Fédération du sport scolaire met sur pied le Gala d’excellence du sport scolaire pour souligner la contribution des intervenants du milieu.  À partir de 1987, les catégories ont peu à peu été modifiées pour accorder davantage d’importance aux mérites sportifs et scolaires des élèves athlètes.  Quant à  l’éthique sportive, elle figure au menu des récompenses depuis 1991.

Dans les premières années du gala, on remettait un ACTI aux lauréats. Ce trophée reproduisait le logo de Fédération du sport scolaire, symbolisant un enfant en mouvement, bras ouverts.  Peu après le regroupement des secteurs scolaire, collégial et universitaire, qui a mené à la création de la Fédération québécoise du sport étudiant, un nouveau trophée a été conçu.  C’est ainsi que le Sablon a été créé, en l’honneur du Père Marcel de la Sablonnière. Le Sablon est une œuvre en bronze conçue par l’artisan Jacques Lupuyo.  Il a été remis pour la première fois aux lauréats du gala en 1990.

Le Père Marcel de la Sablonnière
Le Père Marcel de la Sablonnière, ou le Père Sablon, comme l’appelaient ses amis, fut un précurseur des premières actions d’activités physiques et sportives en milieu d’éducation.  En 1945, la ligue intercollégiale de hockey fut l’une de ses premières réalisations.  Il a toujours eu pour rêve de s’occuper des jeunes et de les encourager dans leurs études par l’entremise de la pratique de l’activité physique et du sport. Il ne pouvait y avoir un meilleur modèle pour inspirer le trophée que le Sport étudiant remet à ses lauréats.